Étienne Viard, les voiles d’acier

Du vent dans les voiles d’acier de Viard

Sculptures d’Étienne Viard
(à gauche) Pluie – H 33 cm, (au milieu) Végétal – H 204 cm, (à droite) Cartes – 178x225x145 cm

 

La Galerie Faider crée la surprise avec une belle expo d’Étienne Viard.

Le sculpteur français débarque pour la première fois à Bruxelles

Une découverte est toujours une belle aventure. Et surtout lorsque, par quelque absurdité d’impressions trop fugaces, superficielles, l’on avait pu douter de l’originalité de cette œuvre en acier plein (œuvres pour l’intérieur) et en acier Corten (pour l’extérieur).
La surprise est immédiate et roborative. Étienne Viard est un sculpteur qui compte et comptera. Et le rapprocher de Bernard Venet ou de Richard Serra serait trop simpliste et forcement erroné.
Tout autodidacte qu’il soit, et peu importe d’ailleurs cette particularité, Étienne Viard est un artiste à apprécier sans retenue, parce que ses réalisations, petites ou monumentales, toujours costaudes, portent en elles des attitudes, une réflexion, une existence et, prioritaire, une raison d’être.
Rejetant l’idée d’objet, Viard veut que ses œuvres manifestent une présence. Et c’est bien là tout le sel de l’art, ce qui distingue du décoratif ou de l’artisanat. L’art représente une espèce d’essentiel, dont nous serions privés s’il ne se rappelait, ici et là, à notre bonne attention.
 
D’ordre végétal
Est-il important de savoir que l’artiste Viard se nourrit de vie au grand air, d’escapades vers les sommets, d’immersions dans la nature, pour mieux saisir et pénétrer l’essence de ses créations ?
Certes pas, mais le savoir aide peut-être le chaland à mieux interpréter la pièce dressée ou couchée qu’il voit devant lui.
A mieux en saisir la matière, la mouvance, le mouvement et la noble grandeur de l’art quand il nous dresse après s’être lui-même dressé (au milieu de la mêlée).
Étienne Viard, s’il marche beaucoup, s’il vagabonde en voiture, c’est l’œil toujours aux aguets de la surprise provocante. Un arbre, une montagne, un tissu de feuilles, une lisière, une lumière.
Il ne croque pas ces détails surprenants mais les confie instinctivement à une mémoire, la sienne, et, de retour à l’atelier, s’en inspirera en songeant à quelques forme nouvelle inspirée de ce naturel qui, sur place, passe et s’estompe souvent à la vitesse de l’éclair. C’est dire si l’instant retenu est capital.
Rares, ces moments de grâce sont, pour Viard, le processus créatif, l’inconscient qui, saisi au vol, capté et enregistré, enfoui au fond de sensations multiples et diverses, retrouvera un jour, qui sait, reformulé, autrement peut-être mais surement, dans une ligne de métal tordue à sa discrétion.
 
Des barres de métal et puis…
Autodidacte, Viard confesse n’avoir d’abord pas su ce qu’il voulait faire de sa vie. Le déclic pour la sculpture survint quand, s’étant emparé de six barres de métal, il se posa la question : qu’en faire ?
Loin de toute figuration, il s’interrogea sur ce qui le constituait. Ses acquis, ses rêves, son tempérament, sa volonté, une somme de défis. Et, s’il s’en suivit, comme il le dit, « un grand chaos », petit à petit ses mains lui ont appris à écrire dans la matière, à la tordre, la plier la couper, l’œil en bandoulière.
Le végétal le guide. L’espace aussi. Et ses lames d’acier sont plus souvent verticales qu’horizontales, avec des droites qui s’entrecroisent, se soutiennent, s’interpénètre.
Il y a des droites rectilignes, d’autres qui épousent des souplesses comme des vagues, d’autres enfin qui se superposent comme des branches d’arbres. Et sa souplesse est faite de rigueur. Sans oublier les vides porteurs d’autres incidences.
Étienne Viard est un sculpteur qui sent, ressent, voit et restitue dans les formes qui lui appartiennent.
 
Roger Pierre Turine
 

« Ce que je fais est à la hauteur du plexus, l’œil qui travaille est à l’intérieur de moi.
Cet œil intérieur devine et harmonise les vides qui ne sauraient être manque de matière, mais sont traces d’esprit… »

Étienne Viard à Alain Avila
 

Bio express
Né en 1954, vit dans le Vaucluse. Autodidacte.
Tâta de la céramique avant de s’approprier la sculpture. A Paris, expose à la Galerie Berthet-Aittouares, partenaire de cette exposition. En 2016, expositions à Uzès (ancien Hôtel des Consuls) et à Ménerbes (Parcours de sculptures monumentales organisé par la Galerie Pascal Lainé).
 
Infos pratiques
Galerie Faider, 12, rue Faider, 1060 Bruxelles.
Jusqu’au 11 février 2017 (expose avec Charlotte Vindevoghel), du mercredi au samedi, de 14h à 18h. Infos : +32 (0)2 538 71 18 et www.galeriefaider.be

 

Liens concernant l’artiste Étienne Viard

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